Bougeons avec les Jeux : l’État s’engage pour le travail et l’emploi

La France accueillera les Jeux Olympiques du 26 juillet au 11 août 2024, puis les Jeux Paralympiques du 28 août au 8 septembre. Le ministère du Travail, de la Santé et des Solidarités se mobilise à cette occasion pour mettre cet événement au service des enjeux de solidarité qu’il porte au quotidien : insertion professionnelle, accès aux soins, droits des personnes en situation de handicap, égalité des chances, lutte contre les discriminations, etc.

Dans le champ du travail et de l’emploi, il s’agit de veiller au respect du droit et la santé des travailleurs impliqués dans la préparation et le déroulement des compétitions, mais aussi d’apporter des réponses durables aux besoins des territoires impliqués, conformément au Plan Héritage dont les 170 mesures ambitionnent d’offrir un legs durable à tous les Français.

Accompagner les besoins de recrutement

Sécurité, restauration, logistique, entretien, régie, accueil, transports publics… de nombreux métiers sont nécessaires au bon déroulement des compétitions et à l’accueil en France des spectateurs. Afin d’y répondre, très en amont des Jeux, l’État a lancé avec France Travail le site emplois2024.fr recensant les postes à pourvoir dans ces domaines.

Pour atteindre les objectifs de recrutement, une campagne de communication permettra, de mars à septembre, d’inciter les personnes en recherche d’emploi à se rendre sur ce site, autour du slogan « Venez faire les Jeux ». L’objectif est non seulement d’assurer la réussite des Jeux Olympiques et Paralympiques, mais aussi de réduire sur le long terme cette inadéquation entre l’offre et la demande et d’assurer un accès durable à l’emploi des salariés concernés.

Dans un gymnase de Châteauroux, on voit tour à tour différents participants s’échauffer ensemble et des d’autres intervenants expliquer le déroulement de la journée.

Mélanie Marilleau, responsable d’équipe France Travail Châteauroux : Nous sommes ici à Châteauroux Métropole dans le cadre Du stade vers l’emploi. C’est un évènement à destination des demandeurs d’emploi et des entreprises dans le cadre des recrutements des JO.

Le stade vers l’emploi, c’est une méthode de recrutement qui est différente, qui casse, en fait, les codes du recrutement, puisqu’on est durant la matinée sur des épreuves sportives qui mélangent demandeurs d’emploi, employeurs et des conseillers France travail.

Personne ne sait qui est qui. L’idée, c’est que tout le monde aille dans la même direction et coure vers le même but, sur la matinée, autour des valeurs du sport.

Séverine Angeneau, en recherche d’emploi : Ce concept est original, et je pense que ça peut être plus décontracté. Comme je suis assez réservée, il y a moins de stress.

Personnellement, je recherche un emploi dans le service en restauration.

On voit Séverine se diriger vers un participant, Florian Souedet, gérant d’une brasserie, assis sur les tribunes.

Séverine Angeneau : Bonjour !

Florian Souedet : Bonjour ! Vous allez bien ?

Séverine Angeneau : Oui !

Florian Souedet témoigne, face à la caméra, tandis que le film continue de montrer les participants s’échauffer.

Florian Souedet : Aujourd’hui, on est dans un rapport différent, plus détendu. Je pense que les gens qui ont participé ce matin à l’action de sport se sont mis un petit peu à nu, finalement, dans leur manière d’être, ce qui permet directement de connaître une autre facette du demandeur d’emploi.

Séverine Angeneau : Ce qui change, justement, c’est la convivialité. C’est beaucoup plus simple, c’est moins guindé. En fait, c’est beaucoup plus détendu. Donc on est plus à l’aise pour s’exprimer.

Mélanie Marilleau : On a 150 postes à pourvoir sur cet évènement aujourd’hui. On est sur un taux de recrutement à plus de 45 %.

On a pu constater, derrière un évènement comme celui-ci, même s’il n’y a pas eu une embauche directe, des demandeurs d’emploi qui sont remobilisés et qui refont des actes de candidature beaucoup plus réguliers.

Générique de fin.

 

Du stade vers l’emploi

Du Stade vers l’emploi est un dispositif de France Travail qui consiste à organiser des rencontres entre les recruteurs, les demandeurs d’emploi et les conseillers France Travail. L’objectif est de lever les freins au recrutement à l’aide de séances sportives collectives, afin de briser les barrières et favoriser les échanges dans une ambiance plus conviviale et moins stressante pour les participants.

En 2024, 12 fédérations sportives partenaires se sont associées à France Travail pour organiser environ 500 rencontres dans les différents territoires. Plus de 50 événements ont été organisés pour répondre plus particulièrement aux besoins de recrutement liés aux Jeux.

Aménager l’organisation du temps de travail : le guide à destination des entreprises

Ce guide s’adresse aux entreprises et permet de les accompagner dans l’organisation du travail pendant la période des Jeux Olympiques et Paralympiques (JOP) 2024. Il aborde l’adaptation des horaires de travail en fonction des pics d’affluence dans les transports, le recours aux congé payés, JRTT et télétravail et l’adaptation de la durée du travail pour tenir compte des contraintes des entreprises contribuant aux JOP.

Temps de travail et repos dominical : quelles dérogations ?

A l’occasion de cet événement d’ampleur internationale, des besoins de dérogation en matière de repos hebdomadaire pour certains salariés très impliqués directement dans l’organisation et le déroulement des compétitions pourraient survenir. Par ailleurs la loi n° 2023-380 du 19 mai 2023 prévoit la possibilité à certains commerces d’employer des salariés le dimanche, et donc d’ouvrir leur magasin durant l’été 2024.

Deux foires aux questions apportent des précisions sur ces sujets et la Direction régionale interdépartementale de l’économie, de l’emploi, du travail et des solidarités (DRIEETS) a mis en place un guichet unique pour répondre aux demandes des entreprises :
 

Activité partielle durant les Jeux : questions-réponses

Sauf cas exceptionnels et hors cas particulier des entreprises du BTP dont les chantiers ont été reportés, retardés, annulés ou non programmés en raison de la tenue des Jeux Olympiques et Paralympiques, il ne sera pas possible de recourir à l’activité partielle en raison de l’organisation des Jeux. Les entreprises affectées par les mesures de restriction de circulation décidées à cette occasion pourront pas mobiliser le dispositif, sauf cas très exceptionnel.

Les entreprises qui seraient directement affectées par une mesure administrative de fermeture (fermeture de la navigation sur la Seine, fermetures administratives liées à l’organisation de la cérémonie d’ouverture) pourront bénéficier, au cas par cas, de l’activité partielle sous réserve qu’elles démontrent que leur baisse d’activité y est bien directement liée.

Le Guide des grands événements sportifs

Ce guide s’adresse plus particulièrement aux organisateurs des compétitions et grands événements sportifs. Il expose les formalités et obligations à respecter en tant qu’employeur, pour les salariés recrutés en contrat de droit français comme pour les salariés détachés : relation contractuelle, protection sociale, règles liées à la maîtrise d’ouvrage, organisation des contrôles…

Recourir au bénévolat

Quels sont les principes juridiques encadrant le recours au bénévolat ? Ce guide expose aux organisateurs les réflexes et les bonnes pratiques à observer, notamment en termes de temps et de conditions de travail, et permet aux bénévoles de connaître leurs droits.

Améliorer l’attractivité et renforcer l’accès aux métiers du sport

Organisé en juin 2023 dans une logique interministérielle, le Grenelle de l’emploi et des métiers du sport s’est donné pour but de créer 100 000 nouveaux emplois et multiplier par cinq les bénéficiaires des actions d’insertion, par et dans le sport. Cela s’est traduit par plusieurs actions :
 

  • Simplifier et mettre en cohérence les parcours de formation vers les métiers du sport en créant un référentiel commun ;
  • Renforcer les dispositifs d’accompagnement et de soutien à l’emploi, avec, notamment, l’ouverture d’une plateforme des métiers du sport ;
  • Améliorer la qualité et l’attractivité des trajectoires professionnelles, ce qui passe, entre autres, par la féminisation des métiers du sport et le lancement d’une campagne de promotion de ces métiers, comme celui de maître-nageur sauveteur, en manque de candidats ;
  • Contribuer à la montée en puissance du rôle social des acteurs et notamment des clubs sportifs, à travers la création d’un réseau de « clubs sportifs engagés » : l’objectif étant de capitaliser sur l’élan des Jeux Olympiques et Paralympiques pour passer de 1 000 clubs labellisés « engagés » fin 2023 à 10 000 clubs fin 2024 ;
  • Assurer une meilleure reconnaissance des compétences dans le sport.

Outil majeur de ce projet, la plateforme MétierScope, créée par France Travail, permet de découvrir les métiers du sport, de l’animation et des loisirs et d’accéder aux offres de ces secteurs.

On voit des agents du ministère du Travail, des Solidarités et de la Santé participer aux activités sportives organisées le 19 mars 2024, rythmées par des interventions de différentes personnes et des encarts donnant quelques chiffres clés.

Charlotte : « Je ne fais plus beaucoup de sport. Malheureusement, avec le temps de trajet, c’est un peu plus compliqué. Le fait de pouvoir faire du sport pendant mon temps de pause, c’est parfait. »

Encart : 80 % des salariés souhaitent pratiquer une activité physique en entreprise (source : Fédération française du sport en entreprise, présentation "FFSE", Fédération française du sport d’entreprise)

Isabelle Robert, coach : « Le sport va éviter les gros problèmes d’arthrose, les problèmes de sédentarité, le surpoids, le diabète, les problèmes cardiovasculaires. » Je pense que c’est un bénéfice pour les équipes. Ils viennent beaucoup plus régulièrement que dans une salle de sport. »

Encart : 30 % des arrêts maladie en France sont causés par les TMS (troubles musculo-squelettiques) (source : Fédération française du sport en entreprise, présentation "FFSE", Fédération française du sport d’entreprise)

Isabelle Robert : « Je pense que c’est un bénéfice pour les équipes. Ils viennent beaucoup plus régulièrement que dans une salle de sport. »

Encart : Augmentation de 6 à 9 % de la productivité grâce à une pratique sportive régulière en entreprise (source : Fédération française du sport en entreprise, présentation "FFSE", Fédération française du sport d’entreprise)

Nadège : « C’est très important d’avoir une salle de sport. Je ne fais pas de sport en dehors. S’il n’y avait pas de salle, j’en ferais moins, c’est sûr et certain. »

Encart : Le taux d’absentéisme est réduit de 30 à 40 % grâce à une activité physique régulière (source : Fédération française du sport en entreprise, présentation "FFSE", Fédération française du sport d’entreprise)

Nadège : « En ce moment, je ne fais que du stretching, deux fois par semaine, et ça me permet de me vider le corps, mais aussi l’esprit. »

Marie-Amélie Le Fur, athlète handisport et présidente du Comité paralympique et sportif français : « Souvent, le sport est la variable d’ajustement de nos quotidiens. Le fait de pouvoir faire sur son lieu de travail, sur le temps de midi, en fin de journée, son activité sportive, c’est un symbole très fort, parce que ça veut dire qu’on amène finalement le sport sur le temps de travail du salarié. »

Encart : 13 % des entreprises proposent du sport à leurs salariés : objectif de 24 % fin 2024 (source : Fédération française du sport en entreprise, présentation "FFSE", Fédération française du sport d’entreprise)

Marie-Amélie Le Fur : « C’est un symbole d’accompagner les différents salariés dans le bien-être : le bien-être physique, le bien-être psychique… C’est aussi tout simplement un enjeu de santé. Le sport doit vraiment se rendre accessible à toutes et à tous, car c’est un véritable vecteur d’émancipation individuelle. »

 

Le sport au travail : un enjeu de santé, de prévention et de bien-être

Les Jeux Olympiques et Paralympiques offrent l’opportunité de développer la pratique d’une activité physique en milieu professionnel. Dans le cadre de la Grande cause nationale Bouge chaque jour !, les employeurs se mobilisent pour inviter leurs salariés à pratiquer une activité physique quotidienne, aussi bien pour leur santé que pour le bien-être collectif au travail. L’objectif est que 24 % des entreprises (contre 13 % aujourd’hui) mettent en place des aménagements pour la pratique sportive de leurs salariés avant la fin de l’année 2024.

A l’occasion de l’accueil de la tournée des drapeaux Olympiques et Paralympiques dans ses locaux de l’avenue Duquesne, le ministère du Travail, de la Santé et des Solidarités a organisé pour sa part le 19 mars 2024 une journée pour inciter ses quelque 6 000 agents à pratiquer le sport sur leur lieu de travail. Au programme : inauguration de salles de sport rénovées et initiation à des disciplines olympiques (boxe, escrime, taekwondo et tir à l’arc) et paralympiques (para tennis de table et basket fauteuil).

La Charte sociale Paris 2024

Signée le 19 juin 2018 entre organisations syndicales et patronales, sur la base de 16 engagements sociaux et économiques, la Charte sociale Paris 2024 s’est donné trois objectifs principaux :
 

  • Veiller au respect des normes internationales du travail (en termes de recrutement, de rémunération, de sécurité, de lutte contre le travail illégal…). Cela se traduit par un appui auprès des acteurs à travers des outils (guides, foires aux questions…) et des contrôles de l’inspection du travail.
  • Favoriser l’inclusion professionnelle des publics fragiles sur le marché de l’emploi, à travers une clause d’insertion prévoyant que 10 % des heures de travail liées aux Jeux Olympiques soient réservées aux personnes éloignées de l’emploi. En décembre 2023, 3 644 personnes ont pu bénéficier de ce dispositif, pour une durée de travail moyenne de 714 heures. Il s’agissait pour moitié de personnes au chômage depuis plus d’un an et pour moitié de résidents de Seine-Saint-Denis.
  • Valoriser l’implication des entreprises et acteurs de l’économie sociale et solidaire : la Société de livraison des ouvrages olympiques (SOLIDEO) s’est notamment engagée à ce qu’au moins 10 % des marchés publics liés aux Jeux Olympiques et Paralympiques comportent des clauses sociales.

Marquant son intérêt pour la démarche, la chambre de commerce de Brisbane a d’ores et déjà pris attache avec les animateurs de la Charte sociale Paris 2024 pour s’en inspirer lors des Jeux Olympiques et Paralympiques de 2032, qui auront lieu en Australie.